Le singulier trépas de Messire Ulenspiegel de Michel de Ghelderode (2014)

DOSSIER COMPLET

Farce tout public / 3 acteurs, 7 masques, 12 personnages, 21 lieux en plein air

LE SPECTACLE

À 3 acteurs et 7 masques pour 12 personnages, Les Fous Masqués créent Le singulier trépas de Messire Ulenspiegel de Michel de Ghelderode en juillet 2014. Affermissant leur démarche artistique, ils accueillent dans la troupe la comédienne Najda Bourgeois qui n’interprète pas moins de neuf rôles dans le spectacle ! La compagnie fait également appel à Marlène Goulard, comédienne et musicienne, pour la direction des chansons qu’elle compose à partir du texte de la pièce. Deux nouveaux masques sont sculptés par Étienne Champion.

Proche de l’univers pictural de Bruegel, Jérôme Bosch ou James Ensor, cette farce belge baroque et fantasque met en scène Ulenspiegel, le bouffon espiègle, bernant les autres personnages tout aussi truculents et grotesques les uns que les autres.

Pour ce deuxième spectacle, la troupe est de nouveau accueillie en résidence artistique dans l’Allier par la compagnie du Footsbarn Travellling Theatre. Elle est entre autres soutenue par le Jeune Théâtre National et la Maison Louis Jouvet / École Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier Languedoc-Roussillon.

De Juillet à Août 2014, 25 représentations sont données dans 21 lieux de l’Allier, du Puy-de-Dôme de la Creuse, de la Corrèze et du Lot.

Mise en scène : Pierre YVON

Création Masques : Etienne CHAMPION

Composition et direction musicale : Marlène GOULARD

Scénographie : Henri ALEXANDRE

Avec

Henri ALEXANDRE : Le veilleur de nuit, le Greffier, le Bedeau, Tyl baron d’Ulenspiegel, la foule

Najda BOURGEOIS : Le veilleur de nuit, le Bedeau, l’échevin Volkaert, l’échevin Wuyts,  la Baillie, Folavril, le docteur Cloribus, le notaire Pennenink, la foule

Pierre YVON : Le veilleur de nuit, le Bourgmestre, Folavril, la foule

L’OEUVRE

Dans la ville de Damne, autrefois, le conseil scabinal réunit  le Bourgmestre et ses magistrats. Mais au beau milieu du joyeux désordre survient une révélation foudroyante : Tyl Ulenspiegel, citoyen en exil à la réputation sulfureuse, est revenu !

Devenu riche, noble et apparemment célèbre, le bouffon espiègle que tous croyaient mort est justement sur le point de rendre l’âme. Bonne nouvelle : il vient rédiger son testament en faveur de la ville et de ses habitants, leur promettant son fabuleux trésor et une multitude de jambons à manger le jour de son anniversaire…

Till Ulenspiegel ou Till l’espiègle  (d’où vient le mot français), appartient à un mythe séculaire du nord de l’Allemagne. Depuis le XVème siècle, de nombreux auteurs et dramaturges ont narré les aventures de ce saltimbanque du Moyen-âge, farceur malicieux qui raille les puissants.

C’est l’œuvre populaire de Charles De Coster, écrivain belge du XIXème, qui inspira à Michel de Ghelderode Le singulier trépas de Messire Ulenspiegel. Chez De Coster, le bouffon devient emblème de la résistance et de la libre pensée flamande. C’est la mort imaginaire de ce clown libertaire que Michel de Ghelderode dépeint dans sa farce.

Pièce remarquable et rarement jouée, elle fut écrite et enregistrée pour la radio en 1935, mais publiée seulement en 1951.

 

« Ghelderode, c’est le diamant qui ferme le collier de poètes que la Belgique porte autour du cou. Ce diamant noir jette des feux cruels et nobles. Ils ne blessent que les petites âmes. Ils éblouissent les autres » – Jean Cocteau.

Michel de Ghelderode (1898-1962) est un poète, conteur, auteur dramatique, chroniqueur et épistolier belge d’origine flamande et d’expression française. Avec plus de soixante pièces de théâtre (La balade du grand macabre, Pantagleize, Escurial, etc), une centaine de contes, de nombreux articles sur l’art et le folklore, sans compter son immense correspondance et ses quelques œuvres lyriques, il est le créateur d’un univers fantastique et inquiétant, souvent macabre, grotesque et cruel.

Profondément baroque, sensible à l’art flamand et aux influences bouffonnes, tenant à la fois de la pantomime, de la marionnette et de la mascarade, on peut rapprocher son œuvre de celle de James Ensor, son contemporain, peintre précurseur du surréalisme. Avec son style si singulier, le théâtre de Ghelderode tient autant d’Artaud et de l’absurde que de Shakespeare.

Michel de Ghelderode s’inspire de la Zwanze (truculence) flamande, tradition orale populaire dont il fera la trame de plusieurs de ses pièces, écrites notamment pour le Théâtre de marionnettes de Toone. Il publie également plusieurs recueils qu’il signe sous le nom d’un personnage inventé : Philosthène Costenoble, poète et croque-mort.

En France, découvert et monté par les jeunes compagnies d’après-guerre, comme le laboratoire Art et Action de Louise Autant-Lara ou la Compagnie du Myrmidon d’André Reybaz et Catherine Toth, l’auteur remporte un franc succès.

INTENTION DE MISE EN SCÈNE

Rien n’est épargné dans cette farce : la politique, la médecine, l’argent, les héros, les badauds, l’héritage, la révolte… Cette satire virevoltante se joue comme une folle musique : une foultitude d’expressions pittoresques, rythmée par des chansons et des coups de trompettes. Au tempo, cette pièce est une machine à jouer, trépidante et bondissante.

Tout droit sortis de peintures flamandes de Pieter Brueghel ou de Jérôme Bosch, les douze personnages de la pièce, tous plus grotesques les uns que les autres, seront interprétés masqués par les trois acteurs. Chacun d’entre eux interprète plusieurs rôles – jusqu’à neuf ! – s’en partagent certains comme celui de la foule des citoyens, à laquelle sont intégrés les spectateurs, ou celui, non masqué, du veilleur de nuit qui ponctue l’histoire de ses refrains caustiques.

Dans un décor simple et brut, deux paravents et une caisse en bois, laissant jouer en toile de fond le décor en plein air de chaque lieu, la mise en scène met en avant les acteurs et leurs virtuosités. Soutenu par leurs jeux précis et constamment sur le vif, le texte prend alors tout son sens.