Hamlet Circus d’après William Shakespeare (2017)

DOSSIER COMPLET

Farce tout public / 4 acteurs, 12 masques, 20 personnages

LE PROJET

Espiègles, extravagants et toujours exigeants, Les Fous Masqués revendiquent un théâtre de foire moderne, populaire et merveilleux adressé à tous. Depuis 2013 en Auvergne, leurs farces masquées partent chaque été en itinérance à la rencontre des spectateurs dans des lieux singuliers, hors des sentiers battus.

Pour ses cinq ans d’existence et sa quatrième création estivale, la compagnie s’empare de nouveau d’un grand classique du répertoire théâtral mondial en proposant une adaptation fantasque et truculente d’Hamlet de William Shakespeare. À 4 acteurs et 12 masques pour plus de 20 personnages, Hamlet Circus est un spectacle baroque proche du cirque itinérant, de la baraque de foire et des montreurs de monstres où se mêlent numéros d’acteurs, chansons, pantomimes et improvisations.

Depuis leur tréteau cerné de guirlandes lumineuses, les personnages masqués s’adressent aux spectateurs et les invitent à être témoins, complices et acteurs de l’histoire d’Hamlet, prince révolté, inadapté, assoiffé de vengeance et de justice. Duplicité de la parole, raison et folie, ordre et désordre, cette tragédie légendaire empreinte de comédie où se mêlent machinations politiques, histoires d’amour, questions existentielles, combats épiques ou encore drame familial résonne dans l’imaginaire collectif et suscite chez tous les spectateurs émotions, empathie et imagination.

Les Fous Masqués partagent avec des partenaires de choix la volonté de valoriser le patrimoine historique et architectural des régions et de diversifier le paysage culturel en milieu rural. Pour la tournée d’été 2017, la compagnie offre aux communes, festivals, associations, châteaux, particuliers et acteurs socio-culturels locaux la possibilité d’accueillir en plein air un spectacle de qualité avec un minimum de contraintes techniques.

Deux autres spectacles sont en cours de création pour cette saison : Merci Jean-Louis ! duo d’improvisations masquées léger et adaptable et Chroniques Amères, seul en scène musical et masqué sur le thème du jugement de l’autre.

Mise en scène : Pierre YVON
Assistante à la mise en scène : Najda BOURGEOIS
Création Masques : Etienne CHAMPION
Création Costumes : Cléo PAQUETTE
Dramaturgie : Clémence GODEFROY

Avec
Henri ALEXANDRE
Thomas CHAMPEAU
Lisa PERRIO
Pierre YVON

D’HAMLET À HAMLET CIRCUS

Populaire tant par sa forme théâtrale élisabéthaine que dans ses péripéties et ses thèmes, Hamlet est susceptible de toucher tous les spectateurs et correspond ainsi à la volonté artistique de la compagnie : un théâtre de qualité accessible à tous en dehors des espaces de représentation traditionnels. Dans une adaptation moderne et explosive, Les Fous Masqués invitent les spectateurs à redécouvrir avec eux ce chef-d’œuvre tragique empreint de comédie où se mêlent machinations politiques, histoires d’amour, questions existentielles, combats épiques ou encore drame familial.

En quête de vérité ou d’absolu, assoiffé de justice et de vengeance, constamment au bord de la folie, Hamlet avance masqué dans un monde complexe où chaque personnage se révèle être un nouveau monstre. Bouffon libertaire ou pantin inadapté, il agit comme un trou noir au centre de sa galaxie : dans une course frénétique et mystérieuse, il fait s’écrouler inéluctablement autour de lui l’ordre établi dans un chaos complet. Pendant une heure trente, Polonius, chambellan et conseiller du roi, mène le jeu tambour battant dans ce freakshow à grande vitesse, tel Monsieur Loyal dans l’univers bigarré, merveilleux et exubérant d’Hamlet Circus.

Fidèles à la trame de la pièce et le plus souvent au texte, les acteurs changent – et échangent – de masques avec habileté pour interpréter à eux quatre la vingtaine de rôles dans une suite de tableaux burlesques et dramatiques ponctués de chansons, de pantomimes et d’improvisations. De la fête initiale pour le mariage du nouveau roi au duel final qui voit les héros s’entretuer, en passant par l’apparition fantastique du spectre, les soliloques d’Hamlet seul en scène, l’enterrement solennel d’Ophélie ou encore la pièce de théâtre dans la pièce, les personnages masqués s’adressent aux spectateurs et les invitent à être témoins, complices et acteurs de l’histoire qu’ils leur racontent. Leurs réactions, comme les perturbations extérieures et les changements de costumes, sont intégrées au jeu sur le moment provoquant ainsi lazzis et décalages.

Sur scène, le jeu masqué permet de grossir le trait de la farce et de déployer toute la truculence des personnages. Pour chacun, les acteurs portent des masques modernes en bois de différentes formes, sculptés pour eux, des costumes, des perruques et des maquillages qui forment une silhouette singulière, intemporelle et souvent grotesque. Ces éléments, inspirés de multiples univers picturaux comme ceux de Jérôme Bosch ou de Bruegel, donnent un sens au caractère, au rang, à la fonction du personnage tout en faisant appel à l’imaginaire du spectateur et à son empathie.

Un tréteau, des caisses en bois, des guirlandes lumineuses, des tissus bariolés, des costumes qui pendent en fond de scène, une rampe de lumières, une caisse claire pour rythmer l’action, un micro filaire avec enceinte mobile, quelques fumigènes et une allée centrale au milieu du public disposé en demi-cercle forment la scénographie du spectacle, entre cirque itinérant du 19ème siècle, spectacle forain et montreur de monstres.

Ferme, rue, place, musée, château, théâtre de verdure, parc ou jardin, chaque soir la troupe part à la rencontre du public en adaptant le décor à ces différents lieux de représentation selon leurs particularités. Et pour faire de l’événement d’un soir un vrai moment de partage entre artistes et spectateurs, le spectacle commence dès l’accueil du public et continue même à l’issue de la représentation : rencontre avec les acteurs et visite des coulisses.

HAMLET DE WILLIAM SHAKESPEARE

A la mort du souverain du Danemark, son frère Claudius prend sa place sur le trône et épouse sa veuve, la reine Gertrude. Une nuit, le prince Hamlet, tourmenté par la mort soudaine de son père et le remariage hâtif de sa mère, se trouve en proie à une terrible vision : le spectre du défunt roi lui révèle que Claudius l’a assassiné. Vérité, cauchemar ou prémices d’une descente dans la folie ? Hamlet sera dès lors rongé par un désir de vengeance qui entrainera une spirale d’évènements aux conséquences tragiques.

William Shakespeare, né en 1564 dans le sud de l’Angleterre, est la référence incontestée en matière de théâtre anglophone. Ses œuvres et ses personnages sont entrés dans le patrimoine culturel mondial. Toutefois, lui-même s’inspirait souvent de fables préexistantes, de contes populaires et d’écrits contemporains pour façonner ses pièces en y intégrant des thèmes caractéristiques que l’on retrouve dans Hamlet : la duplicité de la parole, la folie et la raison, l’ordre et le désordre. Dramaturge prolifique, Shakespeare produisait aussi bien de grandes pièces historiques que des tragédies sanglantes ou des comédies fantasques.

Tirée d’une épopée scandinave, écrite entre 1599 et 1601 à l’apogée de la carrière de Shakespeare, Hamlet devient rapidement un succès auprès du public dans le Londres élisabéthain et se joue depuis sans discontinuer en Angleterre et partout dans le monde. Chaque époque a réinterprété l’histoire d’Hamlet à sa façon : délire confus et incohérent, mysticisme gothique, héroïsme romantique ou fascinante étude du conscient et de l’inconscient humains.

La Renaissance en Angleterre s’est caractérisée par une abondance de créations dramatiques sans pareille en Europe. Le théâtre anglais était un théâtre populaire qui proliférait à la périphérie de Londres, puisqu’il était interdit à l’intérieur des murs de la cité. Auteurs et acteurs étaient souvent issus de classes modestes et se réunissaient en compagnies pour vivre de leur art. Si un grand dramaturge comme Shakespeare produisait ses pièces devant la reine Elizabeth I, le peuple pouvait tout aussi bien assister aux représentations dans son théâtre, le Globe : on accédait à la fosse devant la scène pour un penny seulement.

Tragédie, comédie, pastorale, satire ou mystère masqué, le théâtre de la Renaissance anglaise, multiforme et inventif, prendra fin avec la prise de pouvoir des Puritains qui interdiront pendant presque vingt ans ce divertissement à la réputation sulfureuse.